domingo, 11 de diciembre de 2011

L'intelligence collective, le genre d'intelligence dont nous avons besoin

Mi amiga Luz Pearson escribio en su blog una nota sobre su participación en una actividad del Proyecto Estado+Derechos realizada en Montevideo a principios de mes. El post original (y muy bien redactado!) esta disponible aca: Inteligencia colectiva, el tipo de inteligencia que necesitamos.
Para los que me lo pidieron, y para contribuir a su difusión por otras tierras, hice un intento de traducirlo. Espero se entienda.


"Le 1er Décembre, j'ai eu le grand plaisir de participer au XVI Sommet de Mercociudades à Montevideo, la réunion annuelle du réseau Mercociudades qui est composé de 230 gouvernements locaux répartis sur toute l'Amérique du Sud. L'objet de mon exposition était d'essayer de démontrer comment les Technologies de l'Information et de la Communication (TIC) pouvaient améliorer la communication tant à l'intérieur du réseau qu'entre les gouvernements locaux et la société civile.

Ma présentation partait de l'idée selon laquelle on assistait aujourd'hui à la construction d'un nouvel espace qui ne demandait qu'à être rempli : celui de la "culture numérique". Pour définir la "culture numérique" j'ai montré des exemples de la façon dont cette culture se rapprochait de la culture scolaire développée en éducation. Dans des sociétés marquées par l'exclusion, la politique d'inclusion numérique est une politique d'Etat. Les programmes de distribution de netbooks et de création d'infrastructure numérique mis en place dans toutes les écoles publiques sont en train de redéfinir l'Education dans de nombreux pays de la région. C'est le cas, par exemple, du Programme Conectar Igualdad en Argentine qui révolutionne les modalités de participation en classe. La connexion à Internet rend possible de nouvelles formes de collaboration et de construction de la connaissance, y compris au-delà des murs de la salle de classe. De là surgissent des possibilités infinies de productions et de propositions éducatives. C'est par exemple le cas de ce vidéoclip de rap réalisé par des élèves du lycée Sarmiento dans le cadre du Programme 1a1 sur le sujet du modèle agro-exportateur qui permet de rendre compte de plusieurs aspects de cette culture numérique: le remix, l’appropriation des outils, la puissance créatrice et d'expression.

Pour nous qui utilisons quotidiennement Internet, ce qui nous intéresse de cette culture numérique sont sa facilité de publication qui permet une meilleure et plus rapide communication, un échange et une collaboration plus dynamiques : en bref une véritable ingurgitation d'information par le réseau. La puissance de la technologie numérique a permis la construction sur le plan local;  l'auto-organisation, la formation collective mais surtout elle rend possible un niveau de mobilisation et de participation sociale que nous n'avions sans doute jamais atteint. Elle permet de penser de nouvelles façons de conserver/préserver: la culture numérique interpelle la construction de la mémoire. Ses applications sont également nombreuses sur le plan professionnel : elle permet le développement de compétences communicatives et expressives, la construction des bases, l'investissement dans les relations: du bas vers le haut, l'autonomie, l'interdépendance, l'échange, la collaboration, la distribution de contenus.

Le conflit Cuevana qui touche indirectement une grande partie d'entre nous, m'a permis de parler d'un conflit majeur qui a à voir avec la non-compréhension du fonctionnement même d'Internet, ou plutôt avec sa nette résistance à son essence même, à travers des lois visant à criminaliser les comportements que nous développons sur le web comme le fait de se connecter, de communiquer, de partager les biens culturels librement. Sur ce point précis je me permet de poser une question, qui me semble être au coeur du problème - ou des problèmes - de la culture numérique en prenant pour exemple celui du téléchargement des films (mais cela s'applique également aux livres) : comment pourrions-nous repenser une adaptation de la Loi et garantir un accès libre et gratuit aux biens culturels? Nous l'avons fait avec l'éducation  en garantissant l'accès à l'éducation primaire et secondaire universelle et gratuite. Même si un long chemin reste à parcourir en ce qui concerne les autres niveaux d'enseignement comme le tertiaire ou l'universitaire, pourquoi ne pas penser comme autre adaptation du Droit un meilleur accès aux biens culturels. La réponse évidente est de savoir comment les cinéastes vivraient. C'est pourquoi il est nécessaire d'envisager de nouveaux modèles commerciaux. En Amérique latine nous avons l'habitude de réfléchir sur de nouveaux modèles économiques, de changer de profession. Nous connaissons cela. Cette question me semble intéressante pour la région: si nous disposions d'un Cuevana de films argentins et tous les pays d'Amérique latine, nous serions en train de construire notre propre identité culturelle. Aujourd'hui, les films que nous produisons depuis les pays du Sud arrivent difficilement à rester plus d'une semaine en salle.  Il est légitime d'envisager des alternatives à la fiscalité culturelle dont sont bénéficiaires certains   marchés culturels, comme celui des Etats-Unis par exemple qui a développé une véritable stratégie marketing pour ses produits culturels. Ceci renvoit également à la notion de diversité culturelle dans un monde globalisé.

Un des thèmes central de la rencontre de ce sommet était celui de "citoyenneté régionale". Quand j'ai lu cela, la première chose à laquelle j'ai pensé a été à ma carte de Twitter : lorsque je lis des tweets peu importe où habitent ceux qui les produisent.  Les frontières ne sont pas géographiques : s'il en existe elles sont d'autre nature. Mon réseau personnel, comme beaucoup, est très régional, voire international.

La culture numérique est ce qui nous permet de repenser le concept de culture que nous connaissons. Il est nécessaire de revoir ce que nous conservons en l'actualisant en permanence, faire de la "curation". Ce que font les bons enseignants quand ils prennent leur travail au sérieux. La capacité à créer des environnements de collaboration par l'apprentissage et le travail en réseau est ce qui permet l'intelligence collective, le genre d'intelligence dont nous avons besoin pour comprendre ces réalités si complexes."